5. Cultures mixtes chasseurs-cueilleurs/agriculteurs du Nord du Mexique: l'Etat de Guanajuato.

Illustrations.

22. Le « Cerro El Sombrero », relief dominant la retenue d'eau en construction de « La Purisima » qui a justifié, avec un autre barrage dans le municipio de la Gavia, un sauvetage archéologique franco-mexicain. Ce relief, dont les pentes avaient été aménagées en terrasses artificielles, en places, plateformes cérémonielles et habitations par les populations préhispaniques, présente un sommet plat couvert de gravures rupestres, ou pétroglyphes (photo F. Rodriguez-Loubet)

23. Vue d'un ensemble de gravures représentant des spirales et des carrés spiralés (photo F. Rodriguez-Loubet).

24. Des spirales comparables observées bien des années après dans le Désert du Sonora, à près de deux mille kilomètres de distance (photo F. Rodriguez-Loubet).

25. Une unité de fouille en cours, montrant la présence de niveaux de pierres sous la couche humifère. Celles-ci correspondent à l'éboulement de constructions de populations agricoles ayant occupé le site autour du 11ème siècle ap. JC (photo F. Rodriguez-Loubet).

26. La grande croix de bois, descendue du sommet du Cerro par les habitants du village de Molineros et déposée aux pieds du Christ de la chapelle locale (photo F. Rodriguez-Loubet).

27. Un groupe de musiciens actuels, ou « Mariachis », animant la fête religieuse (photo F. Rodriguez-Loubet).

28. Entouré d'un groupe de musiciens-danseurs actuels inspirés de l'époque préhispanique, des « Concheros », un pénitent soutenu par des amis se rend à genoux à la chapelle du village (photo F. Rodriguez-Loubet).

Résumé

Comme le San-Luis-Potosi, l'Etat de Guanajuato englobe une partie du « Gran Tunal» dont les fruits des cactées de différentes espèces étaient très appréciés par les populations des « Cultures du Nord du Mexique ». Mais le Guanajuato se signale également par la présence du « mezquital », vastes formations végétales constitués d'acacias (Prosopis juliflora) donnant des gousses sucrées qui, une fois broyées dans des mortiers creusés à même les rochers, fournissait la farine dite « péchita » qui était une des bases de l'alimentation des chasseurs-cueilleurs, fort nombreux sur ces territoires.
Mais ces acacias n'attiraient pas que les chasseurs-cueilleurs. Leur présence était due à l'existence de terres de bonne qualité et de cours d'eau temporaires, toutes choses intéressant également les agriculteurs de la Mésoamérique voisine. C'est pourquoi ces territoires ont été âprement disputés par les uns et par les autres, comme l'indiquent les sites archéologiques étudiés. Outre la présence de sites d'agriculteurs et de sites de chasseurs cueilleurs, on remarque également des sites de groupes « mixtes », comme cela avait été observé au San-Luis-Potosi, indiquant que des formes « d'acculturation » pouvaient aussi exister.
Chose assez remarquable, un phénomène de synchrétisme religieux a pu être observé, en relation directe avec une véritable de nappe de gravures rupestres ornant le sommet plat du « Cerro El Sombrero ». Ce grand relief tabulaire, qui semble avoir été l'objet de cultes associés à la pluie par les populations préhispaniques, est désormais surmonté d'une grande croix, liée actuellement au culte de Saint Jean, patron des eaux de pluies. Cette permanence étonnante de traditions conservées par des ethnies et des cultures exogènes ayant successivement pris possession d'un lieu est devenue le principal objectif de toutes mes recherches qui ont suivi.

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