4. Chasseurs-cueilleurs du Nord du Mexique: l'Etat de San-Luis-Potosi.

Illustrations.

14. Fourré épineux dans les environs de Tierra Nueva, avec, au loin, la Mesa de Salsipuedes (photo F. Rodriguez-Loubet).

15. Grotte à Santa Maria del Rio, dite « Cueva del Sordo », avant la fouille (photo F. Rodriguez-Loubet).

16. Grotte de la « Roca de los Capulines » en cours de fouilles (photo F. Rodriguez-Loubet).

17. Objets découverts dans la sépulture de chaman, à l'extérieur de la grotte de la « Roca de los Capulines ». Os sculptés en forme de tête humaine, de poisson-chat (le cours d'eau porte actuellement encore le nom de « Rio Bagres », « Rivière des Poissons-Chats »), de pied humain, coquillage incrusté de turquoise, aiguille en os et tibia incisé de rainures (appelé « omichicahatzli » chez les Aztèques, que l'on retrouvera comme instrument de musique dans la présentation des cérémonies actuelles des O'otam de Quitovac, au Sonora). Photos de Victor Lagarde.

18. Couteau de sacrifice orné de deux bandes d'ocre rouge, ayant appartenu au chamane de la « Roca de los Capulines ». Cet objet rituel, appelé « tecpatl » par les Aztèques, était considéré comme étant la représentation même du dieu présidant au sacrifice humain (voir l'article consacré à ce sujet). Photo de Victor Lagarde.

19. Grottes ornées de peintures en ocre rouge, en surplomb de la rive du Rio Bagres (photos F. Rodriguez-Loubet).

20. Peintures de mains en négatif, obtenues par la technique du soufflage de poudre d'ocre rouge diluée dans un liquide, sur les parois d'une grotte (photos F. Rodriguez-Loubet).

21. Cupules profondes creusées dans les rochers. Présentes dans tout l'Etat du San Luis Potosi et dans l'Etat voisin du Guanajuato, elles sont restées inexpliquées jusqu'aux recherches dans le Sonora, où l'auteur a pu recueillir des informations détaillées conservées par la tradition orale sur leur utilisation (voir « Quitovac, Etat de Sonora »). Il s'agit, en réalité, de mortiers « dormants » (fixes) dans lesquels étaient broyées les gousses sucrées de « mezquite », donnant une farine très nourrissante appelée « péchita » (photos F. Rodriguez-Loubet).

Résumé.

La moitié Nord environ de l'actuel Mexique, essentiellement semi-désertique, a été occupée par des populations de chasseurs-cueilleurs depuis la préhistoire jusqu'à bien après l'arrivée des conquistadors espagnols. Une des régions les plus peuplées par ces groupes de nomades et de semi-nomades était constituée par les actuels Etats de San-Luis-Potosi et de Guanajuato, du fait qu'ils comprenaient la plus grande concentration de figuiers de barbarie d'Amérique du Nord (el « Gran Tunal »), une ressource naturelle majeure pour la cueillette.
Mais ces territoires offraient également aux populations appelées « Chichimecas », ou « Barbares du Nord », l'opportunité de se rapprocher le plus possible de leurs voisines agricoles, dites « Mesoaméricaines » occupant toute la partie sud du continent jusqu'à sa jonction avec l'Amérique du Sud. Le San-Luis-Potosi était donc dans une sorte de zone tampon entre chasseurs-cueilleurs et agriculteurs, sur « la frontière nord de la Mésoamérique ».
Longtemps ignorées, ces « Cultures du Nord du Mexique » ont commencé à faire l'objet de véritables recherches archéologiques dans les années 1960. Le Centre français d'Etudes Mexicaines et Centraméricaines en a fait un de ses terrains d'études privilégiés dans les années 1970-80. L'auteur a consacré plusieurs années à la découverte et à l'étude de sites de chasseurs-cueilleurs, allant des campements de plein-air aux grottes ornées, qui ont révélé l'existence de relations bien plus complexes qu'il n'y paraissait avec les civilisations agricoles du Sud.

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